À quoi ressemblera la ville de demain ? Hypothèses !

Smart City

À l’heure où vous lisez ces lignes, nous n’avons jamais été aussi proches de franchir les frontières de la ville du futur. Et comme dirait l’autre, aujourd’hui plus que jamais, nous devons bâtir la ville de demain, celle où l’homme vivra à nouveau en harmonie avec la nature.

Certes, ces paroles utopiques que nous avons tous entendu au moins une fois dans notre vie paraissent lointaines. Et pourtant, beaucoup d’innovations voient le jour pour créer la fameuse Smart City, innovations résolument orientées vers la préservation de l’environnement (chouette !).

Alors qu’en est-il ? Quels sont les défis que la société d’aujourd’hui doit relever pour la société de demain ? Quelles technologies pourront y répondre ?

État des lieux

Combien seront-nous ?

La population mondiale va continuer de croître. Mais contrairement à ce que l’on peut penser, pas de façon exponentielle. Ainsi, selon le site herodote.net, l’explosion démographique est derrière nous (la population ayant quadruplée au 20e siècle) et nous ne devrions « n’être que 10 milliards » d’ici 2050. Chiffre vérifiable sur le site de l’ined (Institut National d’études démographiques).

Mais c’est au niveau de la densité urbaine que les défis majeurs se concentrent : selon Eiffage, les zones urbaines accueilleront 6,8 milliard d’individus en 2050 soit 3 milliards de plus qu’actuellement, représentant 70% de la totalité des êtres humains (contre 50% actuellement). Remodeler le paysage urbain pour ne pas sacrifier la qualité de vie  de nos semblables est donc indispensable.

Par ailleurs, la quantité d’énergie consommée par ces villes est aussi une question cruciale : 70% des émissions de CO2 y sont produites alors qu’elles ne représentent que 2% de la surface terrestre occupée. On pense alors tout de suite au réchauffement de la planète lié à la pollution de l’air.

Les enjeux de la ville de demain sont donc forcément multiples :

  • démographiques, il va falloir loger et faire se déplacer la population de façon fluide et rapide sans dégrader son niveau de vie,
  • environnementaux, entre réduction de la pollution, réduction de notre empreinte carbone et recherche d’énergies renouvelables en corrélation avec le développement durable,
  • sociétaux, avec le bouleversement du profil familial et des habitudes de consommation,
  • technologiques, avec les inventions qui nous permettront d’accompagner au mieux tous ces changements.

Repenser la structure de la ville

Pour répondre à l’enjeu démographique, il est important de revoir notre vision de la ville. Sky is the limit, alors construisons autrement, ailleurs que sur terre, le tout dans une logique d’autosuffisance.

Des bribes de Smart City déjà existantes

La Smart City qu’est ce que c’est ? La Smart City, c’est la ville qui utilise les technologies d’information et de communication dont elle dispose pour améliorer la qualité de ses services urbains et réduire ses coûts de fonctionnement.
Elle va collecter des données en continu, les analyser et les transformer pour chaque citoyen. Les services « intelligents » qu’elle va proposer doivent être au service de tous et préserver l’environnement tout en baissant son coût en matière de ressources.

C’est le cas en Corée du Sud, dans la ville internationale de Songdo où un quartier a été conçu de toutes pièces en mode « Smart City ». Ses routes et édifices sont munis de capteurs qui vont à la fois mesurer, anticiper et organiser le trafic mais aussi ajuster la consommation d’énergie.

Supertrees de Singapour

Les Supertrees de Singapour sont quant à eux des arbres artificiels de 20 mètres de haut à la peau « vivante ». Ils abritent ainsi plus de 160 000 plantes où se reproduisent oiseaux et insectes. Ils sont équipés de panneaux photovoltaïques permettant un éclairage autosuffisant et de systèmes de collecte des eaux de pluie pour alimenter sa biodiversité.

Ce qui fera le vrai succès de la ville intelligente, c’est l’utilisation réfléchie et avancée de la Data accumulée par tous les capteurs qui existent. Ainsi, l’alliance des structures et personnes capables d’ordonner, analyser, synthétiser ces données pourra créer des synergies d’utilisation et améliorer la vie de la communauté.

La ville souterraine

Il y a énormément d’espace sous nos pieds. Des espaces déjà existants, la plupart façonnés par l’homme. Réservoirs d’eau, caves, gares, parking, tunnels. Autant d’espaces à l’abandon qui pourraient renaître. En effet ces espaces pourraient bien constituer l’extension des villes de demain. Pourquoi construire toujours plus haut et risquer de tomber quand on peu réaménager l’existant ? Des projets naissent dans l’esprit de visionnaires. Visions qui pourraient voire le jour sous forme de fermes, incubateurs, plateformes logistiques, lieux de rencontre ou de détente sous nos pieds !

La voiture autonome (encore elle) rendra un jour désuet l’usage des parking souterrains. Il faut donc réfléchir dès à présent à leur réaménagement. Certaines villes n’ont d’ailleurs pas attendu pour agir. C’est le cas de Montréal et de sa ville souterraine fréquenté par 183 millions de personnes. Une réussite. Le RESO (Réseau piétonnier Souterrain de Montréal) relie universités, résidences, centres commerciaux et édifices publics entre eux. Mais c’est aussi le centre de concentration d’une multitude de magasins. Et ça protège des intempéries.

De quoi donner des pistes de réflexion à la France.

Villes flottantes et gratte-mer

Dans un scénario bien plus utopique, la ville de demain prendrait ses racines sur la mer ! Afin de porter refuge en premier aux insulaires victimes de la montée des eaux, la ville flottante pourrait devenir leur habitat viable. Largement autosuffisante grâce à la technologie marémotrice (utilisation du courant des marées pour produire de l’électricité, technologie déjà existante en France depuis 1966 !), elle serait aussi bardée de panneaux photovoltaïques et d’éoliennes.

Et dans un courant de pensée à contre courant des villes américaines de la fin du 20e siècle, pourquoi ne pas développer les gratte-ciels mais la tête à l’envers. Des gratte-mers en soi. Si les innovations technologiques le permettent, autant construire dans les deux sens. Par contre de telles constructions pourraient empiéter sur l’espace vital de certaines espèces marines et dégrader l’écosystème sous-marin présent. La mauvaise gestion des déchets est un frein à ce idée, mais sait-on jamais…

Nourrir tout le monde

Avoir des idées prolifiques, c’est bien, mais alors qui va nourrir tout ce beau monde ? Pour rappel, les zones urbaines compteront 6,8 milliards de personnes en 2050 soit presque la totalité des êtres humains vivant actuellement. Pour tout le monde, il faudra encore une fois innover, transformer et réinterpréter l’usage que nous faisons de nos cités.

Les villes du futur seront vraiment vertes, les arbres ne servant plus seulement à cacher le béton. Les projets immobiliers récents commencent déjà à intégrer des arbres dans leur architecture. Ainsi une forêt verticale (construite à chaque étage d’un immeuble) permettra d’absorber tout le CO2 dégagé par les automobiles (si elles ne disparaissent pas).

L’avenir de la consommation se trouve sur nos toits. Les potagers fleuriront au sommet de tous les appartements et les balcons seront réservés à la pousse de légumes. L’eau de pluie récoltée sera réutilisée afin de faire pousser le tout et pourra même être filtrée pour une consommation potable.

Tour de moisson

Dickson Despommier, professeur à l’université de Columbia à New York avait déjà imaginé la tour à moisson en 1999. On pourrait cultiver dans cette tour fruits et légumes, champignons, algues, céréales ainsi que poissons, bétail ou encore volaille. Ces véritables tours vivantes disposeraient de 30 à 40 étages soit 150 à 250 mètres de haut et pourraient aussi servir de logements.

Les fermes urbaines sont clairement l’avenir de l’alimentation urbaine. D’ailleurs, les élevages hors sol sont éprouvés depuis le début des années 2000 par anticipation à leur hégémonie.

Hégémonie ? Tout le monde n’en est pas encore convaincu. En effet, pour qu’une ferme verticale apporte 100% d’autonomie alimentaire à toute une population, il y a encore beaucoup de chemin à faire. On peut rappeler pour étayer cette limite le fait qu’une pomme de terre ne pousse nul part aussi bien que dans la terre. Ainsi pourrait-on avoir l’arrogance de faire mieux que la terre dans des cultures hors sol ?

L’indépendance alimentaire des villes est donc la solution. Pourquoi ne pas adapter l’aquaponie (système d’auto alimentation entre poissons d’élevage et plantes) aux serres sur toits ?

Europa City, un concentré de bonne volonté

Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, Europa City est un parc urbain de près de 700 000 m² (à titre de comparaison un stade de foot fait 7 266 m²) regroupant parc à thème, parc aquatique, parc aventure, cirque, salles de spectacle, halle d’expo, surface commerciale, restaurants, centre culturel et bien plus…

Cette City made in France se situera au triangle de Gonesse, au Nord-Est de Paris et ouvrira normalement ses portes en 2024.

Ce parc représente les balbutiements français de la ville du futur telle qu’on vient de l’exposer. Le maître-mot de ce projet colossal est l’exemplarité environnementale.

C’est donc dans  un contexte de transition écologique qui se veut à la pointe des innovations de notre ère que le site permettra de :

  • produire sa propre énergie grâce à un parc de panneaux solaires de 14 hectares et d’une chaufferie biomasse, le tout avec dispositif de stockage d’excédent énergétique,
  • récupérer les eaux pluviales, de les traiter dans une station d’épuration et de les réutiliser dans les WC,
  • récupérer et trier les déchets le plus tôt possible, à même l’usager qui sera lors sensibilisé à la préservation et l’optimisation des ressources,
  • favoriser les transports en commun électriques,
  • développer et pérenniser une biodiversité locale grâce à des toits végétalisés et un parc paysager de 10 hectares,
  • proposer des alternatives à l’agriculture classique avec une ferme urbaine et des recherches sur les pratiques agricoles de demain.

C’est ce que le papier nous dit. Dans les faits, c’est (toujours) plus compliqué. Le projet fait déjà débat, notamment dans les sphères politiques qui évoquent un gâchis écologique et la mort des commerces de proximité. De notre côté, il n’y a plus qu’à espérer que ce soit réellement un projet qui s’ancre dans le développement durable !

Repenser le transport urbain

La restructuration d’une zone urbaine s’allie forcément avec la métamorphose de ses moyens de transport. En fait l’un ne va pas sans l’autre, ce sont deux sujets interconnectés et dépendants.

Évidemment, la voiture autonome

S’il est une évidence, c’est que la voiture autonome fera partie de notre futur. Il s’agit maintenant de découvrir la date à laquelle elle aura remplacée le parc automobile actuel.
La voiture pilotée par l’IA a déjà commencée à circuler sur des routes privées aux USA. La Google Car, cartographiant sur son passage, a sillonné le monde sans occupant.
L’avenir est plutôt prometteur puisque bon nombre de constructeurs se sont lancés et ont déjà créés plusieurs prototypes : Mercedes, Renault, Toyota ou encore Tesla.

La promesse de ces véhicules ? piloter à notre place (forcément), diminuer les accidents de la route, réduire les embouteillages en communiquant entre eux et réduire l’empreinte écologique de la voiture (étant électrique, mais au cours de leur construction aussi).

Néanmoins la circulation d’un véhicule autonome en ville reste complexe. En effet le robot qui pilote cette voiture se base sur le respect des codes et des règles par chacun. Cependant, en ville, les humains ne respectent pas toujours ces codes : cyclistes, piétons, automobilistes restent justement humains. Faillibles, souvent hors des clous. Pour que la voiture autonome circule et apporte un réel atout aux zones urbaines, il faudrait robotiser le comportement humain.

Comme pour un ordinateur, la principale source d’erreur se situe entre la chaise et le clavier !

Bon courage !

Le rail aérien

C’est une idée d’Eiffage développé par son laboratoire de recherche Phosphore : le Modul’air, breveté, est une sorte de téléphérique urbain horizontal. Plutôt malin lorsqu’on pense aux engorgements multiples que subissent nos métropoles aujourd’hui. Il fonctionne à l’électricité et fuse au dessus de nos têtes. Un peu comme un métro aérien mais avec des infrastructures minimalistes. Et on pourrait voguer d’immeubles en immeubles ainsi. Par contre il faudra déployer un réseau de câbles résistants assez vaste !

C’est à Grenoble que l’entreprise, en partenariat avec Dassault Systèmes et POMA, a imaginé implanter son projet de cabines « volantes ». Ces néo-téléphériques urbains seront d’ailleurs alimentés par l’énergie générée par les immeubles auxquels ils seront rattachés. Une sorte d’échange solidaire.

Téléphérique urbain, Modul'air d'Eiffage

Le bon point : réduction des gaz à effet de serre.

THE bémol: la propriété intellectuelle et le paiement potentiel des droits d’usage ?

Shweeb, la variante cycliste, propose de pédaler dans des cabines le long de rails suspendus. Si vous êtes trop fatigué pour pédaler, l’assistance électronique viendra à votre secours. l’histoire ne dit pas quelle est l’autonomie de cette assistance. Et puis si le cycliste suspendu devant vous est plutôt du genre paresseux, impossible de le doubler ! Plutôt cocasse.

Le tunnel chiant

On parle énormément de lui parce qu’il vient de larguer sa voiture dans l’espace (qui a dit pollution spatiale ?), Elon Musk a déjà commencé à creuser des trous dans le sol américain.

Plait-il ?

Non pas qu’il veuille y trouver du pétrole, mais il voudrait plutôt pallier aux difficultés de circulation à Los Angeles. En embraquant les voitures sur des wagons, le temps de trajet à travers le tunnel de The Boring Company diviserait par 9 le temps de trajet de LAX à Westwood (passant de 45 à 5 minutes). Vitesse : 200 km/h. Nom : Hyperloop.

Pour l’instant il n’a eu le droit que de creuser 3,2 km avec son tunnelier. Si les tests sont probants et qu’il bénéficie de l’autorisation des États, peut-être que ce projet fou verra un jour le bout du tunnel ?

Circuler sur l’eau

Pourquoi serait-ce l’apanage de personnages bibliques ? Pourquoi ne pas marcher ou rouler sur l’eau pour faciliter ses déplacement et ne pas embouteiller les ponts ? C’est l’idée mise en avant par les chercheurs d’Eiffage et leur Urbanbridge.
Il s’agit de ponts en structure métallique constitués de caissons préfabriqués qui s’installent en moins de 72 heure. De quoi apporter flexibilité et fluidité et inventer de nouvelles zones piétonnes et cyclables.

L’optique du développement durable

Toutes ces innovations doivent porter sur leur dos les enjeux de développement du futur. Comme on a pu le découvrir tout au long de cet article, un point d’honneur est mis sur la réduction du CO2, l’autosuffisance des infrastructures et le recyclage.

Alors que le parc automobile ne cesse de croître depuis les années 2000, la voiture de demain fonctionnera à l’électricité. Cette même voiture suivra d’ailleurs ses routes exclusives tandis que les moyens de transport en commun rendront les centres villes aux piétons.

Les forêts verticales ont aussi une optique dépolluante. Un déploiement de 23 000 arbres dans une seule tour pourra absorber jusqu’à 130 tonnes de Co2 par an selon capital.fr.

Forêt urbaine verticale

Le topo

la Smart City n’est pas une ville gadgétisée ultra connectée où la techno est ultra présente. C’est une ville qui rend service à ses habitants, apporte des solutions à ses occupants, les aide dans leur quotidien.

Cette ville facilite l’appropriation de l’espace public par ses habitants, renforce la consommation responsable, simplifie la gestion de l’espace, des routes et infrastructures. À l’image des « SuperBlocks » de Barcelone, cette forme de ville tente de répondre aux enjeux des éco-quartiers qui fleurissent, les combinant aux traditionnels centre-villes avec une démarche d’inclusion. Mixer la société encore plus, minimiser les déplacements nécessaires pour ne garder que ceux « de loisir ». Et si, dans la conception de ces nouveaux modèles urbains se reflétaient les changements fondamentaux que nous vivons actuellement ? (revenu universel, nouveaux métiers,  travail à distance, réalité virtuelle, …)

L’usine 3.0, les « City Datacenters », la permaculture urbaine, etc, toutes les révolutions que nous avons pu vivre au cours des siècles derniers ont fait peur, ont changé le visage de l’emploi, avec la disparition de certains métiers, l’apparition de nouveaux et la diminution de la pénibilité. Bref, l’humain à toujours œuvré pour plus d’autonomie, de confort, de liberté de choix : nous sommes pourtant confrontés à une chose : l’économie, celle qui régit les états. Il ne tient qu’à nous de nous projeter, œuvrer pour le progrès et entreprendre, dans le sens de l’avenir, en composant avec les règles actuelles. Cette nouvelle ville ne doit pas faire peur, elle doit se composer avec l’existant, se tourner vers l’avenir et protéger les intérêts de ses citoyens : les nourrir, les sécuriser, les aider à se déplacer et créer des liens sociaux. Cela me rappelle la pyramide de Maslow non ?

Mais ce ne sont que mes impressions !

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