Les carburants de demain

Moteur à huile

On le sait tous : les énergies fossiles sont vouées à disparaitre. Après une fermentation de plusieurs millénaires, nous avons consommé l’essentiel de ces ressources en seulement quelques décennies. Comme nous n’allons pas arrêter de conduire des voitures du jour au lendemain, une tripotée de chercheurs se sont penchés sur la question des énergies alternatives et à leur utilisation pratique. L’enjeu est de taille : il faut pouvoir laisser aux gens la faculté de se déplacer, sans polluer, et de façon économiquement viable. Alors, quelles solutions pour les carburants de demain ?

Essence ou diesel

C’est un peu comme choisir entre OM et PSG. Sauf que c’est bien plus nocif. Chacun ayant ses avantages et ses inconvénients. Mais il est intéressant de se pencher dessus afin de bien comprendre pourquoi il faut changer.

Les deux sont issus du pétrole. L’essence sera composée d’un mélange d’hydrocarbures légers tandis que la gasoil sera constitué d’hydrocarbures plus lourds. Utilisés dans des moteurs différents, il émettent plus ou moins d’éléments nocifs dans l’air. Le diesel sera moins cher à la pompe mais plus bruyant et plus polluant (les fameuses particules fines non filtrées).

Derricks

Il est loin le temps où Thomas Midgley, aka l’homme qui a fait le plus de mal à la planète terre, inventa le plomb tétraéthyle, additif antidétonant pour carburant et les chlorofluorocarbures, diffuseur atmosphérique de répulsifs chimiques. Le plomb a plombé notre atmosphère pendant que les CFC ont dégradé la couche d’ozone.

Aujourd’hui, dans les pays développés, plus de traces de tels produits… sauf que les additifs plombés sont toujours produits et utilisés dans l’essence des pays en voie de développement. Aie…

Raréfaction et pollution : il est évident qu’il faut trouver des alternatives au pétrole !

Oil ou Gaz

Huile Végétale

Ironie du sort : à la base l’invention de Rudolf Diesel (1892) était censée fonctionner grâce à l’huile de colza. Elle s’appelait d’ailleurs « moteur à huile ». Sauf qu’à l’époque, l’huile n’était pas donnée, et a donc été remplacée par… le diesel !

Aujourd’hui l’huile de colza est nettement moins cher que le gasoil et peut être utilisée en complément dans les moteurs diesel. Avec quelques modifications techniques, on pourrait même rouler à 100% au colza (Bayrou si tu nous lis). Côté pollution, la combustion du colza libère autant de CO2 que le gasoil mais les molécules concernées sont absorbées par ces mêmes plantes dans la nature, les nourrissant à leur tour. Comme un cycle infini !

Le hic : on ne peut pas produire autant d’huile de colza que d’hydrocarbures. Dommage.

Huile de friture

Pas de structure pour produire des tonnes d’huile de colza ? Pas de problème ! L’huile de friture usagée fera l’affaire !

C’est ce que s’est dit Julien Pilette, fondateur de Gecco, producteur du carburant B30. Il s’est en effet rendu compte que plus de 5000 tonnes d’huile de friture usagée étaient générées chaque années dans le Nord-Pas-de-Calais. Cette ressource, pouvant causer des bouchons dans les égouts, est une mine d’or pour lui : filtrée, elle peut se transformer en carburant, le fameux B30 : 30% d’ester d’huile et 70% de diesel.

Pourquoi autant de diesel ? C’est la norme officielle française qui oblige ce taux. Mais les moteurs diesel, encore une fois, pourraient rouler à 100% avec de l’ester d’huile.

Huile de friture

Alors qu’il utilisait du méthanol à la base de la transformation de l’huile, le procédé à évolué en le remplaçant par de l’éthanol et garantir un bilan écologique plus sain. En 2017, il arrive à faire rouler 2000 véhicules avec le B30, recycle 1000 tonnes d’huile de friture et a un CA annuel de 800 000 euros. De quoi rouler avec la frite !

Gaz de Pétrole Liquéfié

Le GPL est un mélange d’hydrocarbure léger à l’état liquide et de gaz naturel. Présenté comme le « carburant propre », il n’émet pas de particules fines, de Nox et moins de CO2 que l’essence ou le gasoil. Il paraîtrait même que son utilisation réduit l’usure des moteurs, génère moins de bruit et offre plus de souplesse à la conduite.

Cependant il n’a jamais percé en France : à peine 250 000 véhicules roulaient au GPL en 2016.

Les carburants du futur

La biomasse

Biomasse ou bioénergie, c’est l’énergie qui est dégagée de la combustion de matière organique végétale, animale, bactérienne ou fongique. Très axé développement durable, il n’y a qu’un pas de la biomasse au biocarburant. En 2014 elle représente 4% des carburants routiers.

Le problème c’est que la biomasse ne pourra jamais remplacer les carburants actuels parce que son exploitation ne pourra jamais se faire à un rythme industriel : la biomasse n’est durable et renouvelable qu’à condition de ne pas surexploiter ses ressources primaires, de ne pas mettre en péril la fertilité de ses milieux sources et que la biodiversité de son environnement soit maintenue.

Bref, tout un programme qui empêche à cette énergie de pouvoir approvisionner ses utilisateurs en masse.

L’hydrogène

Hydrogène

Le  concept du gaz hydrogène est né en 1799 avec le gaz de bois composé à 50% de dihydrogène de Philippe Lebon, qui prévoyait déjà que son invention serait « une force applicable à toutes machines ». Mazda, constructeur auto japonais planche sur le moteur à hydrogène depuis 1980. En 2006 la BMW Hydrogen 7 est la première voiture de série à rouler à l’hydrogène.

L’hydrogène comme carburant est à la fois viable mais aussi non polluant : sa combustion (dihydrogène + dioxygène) ne produit que de l’eau, rien de plus ! Son problème est ailleurs …

Le dihydrogène n’est pas une matière primaire, on ne la trouve pas à l’état brute dans la nature. Il faut donc la produire à partir d’une autre source d’énergie. Son processus de production est malheureusement trop polluant et si l’ont voulait changer le parc automobile à énergie fossile avec celui-ci, ce serait bien plus néfaste pour la planète que le production d’essence ou de gasoil.

Bilan : il faut trouver des solutions pour produire du dihydrogène en masse mais sans polluer.

L’électricité

On l’utilise quotidiennement et, à part avoir vécu reclus sous terre ces dernières années, on a tous entendu parler de véhicules électriques. Les industriels tentent jours après jours de banaliser le processus de recharge de sa voiture : c’est comme brancher son aspirateur. Mais les véhicules électriques sont plus cher et ont surtout une autonomie bien inférieure à la voiture classique.

De plus, du point de vue technologique, les batteries sont composées de lithium… ressource rare sur terre (plus rare que nos fameux fossiles).

Des algues pour nous sauver tous

On les déteste lorsqu’elles nous caressent la peau dans la mer et pourtant elles ne nous veulent que du bien !

Les algues, c’est l’avenir de l’homme : déjà utilisées en cuisine, dans les médicaments et bientôt source de nourriture abondante parce que facilement cultivable (sur la mer), elles pourraient devenir le carburant de demain.

Algues pour carburant

L’algocarburant est une réalité : c’est le biocarburant 3e génération. Bien que sa production ne soit pas encore au point, il recèle de multiples avantages : Le CO2 émis lors de sa combustion se refixe sur les algues ou plantes qui poussent en extérieur. Sa culture est facile (nécessite de l’eau, du soleil et du CO2), peuvent être produit à partir de sérum physiologique, d’eaux usées et sont biodégradables.

À surveiller !

Conclusion

On consomme toujours plus pétrole : c’est cher, ça pollue mais c’est pratique. Fort heureusement des alternatives existent et sont nombreuses. Il leur manque juste des modèles économiques viables. Rome ne s’est pas fait un jour. Espérons que le lobby de l’or noir ne viennent pas leur mettre des bâtons dans les roues. Il ne faudrait pas que l’hydro gène non plus !

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