eCall, appels d’urgence et espionnage ?

Appel d'urgence

L’eCall ou cette petite révolution sécuritaire qui équipera nos véhicules ces prochaines années et dont on a pas fini d’entendre parler ! C’est l’équipement auto réglementaire à partir d’Avril 2018 permettant d’appeler automatiquement ou manuellement les secours en cas de besoin. Énormément d’avantages sont à tirer de cette technologie. Mais il y a aussi 2/3 dérives potentielles qu’il ne faudra pas oublier ni sous-estimer !

L’appel d’urgence eCall

La sécurité de demain

Cela fait plus de 15 ans que le dispositif existe. Il équipe de nos jours moins de 2% du parc automobile européen. Il deviendra obligatoire à partir d’Avril 2018 sur les véhicules légers à l’échelle Européenne.

Alors qu’est-ce que c’est concrètement ?

C’est un dispositif d’appel d’urgence intégré au véhicule. Il peut se déclencher de deux façons :

  1. Automatiquement, suite à un choc brutal ou au déclenchement d’un airbag ou d’un dispositif de précharge de ceinture,
  2. Manuellement, lorsque le conducteur ou le passager avant en ressent le besoin. Cela peut se produire suite à un accident où l’un des automobiliste est toujours conscient et est en capacité de le faire. Il suffit alors d’appuyer sur le bouton SOS dans l’habitacle conçu à cet effet. Le système ne concerne par ailleurs pas uniquement votre véhicule. Témoin(s) d’un accident, vous pouvez déclencher l’appel et donner tous les détails nécessaires pour porter assistance aux victimes potentielles.

Le signal émis est alors réceptionné par une plateforme qui va rentrer en contact audio radiophonique avec les occupants du véhicule. Ce premier contact permettant d’évaluer la gravité des circonstances qui ont déclenchées l’appel et de rediriger l’appel vers l’assistance adéquate.

Là où c’est fort, c’est que le temps de traitement prévu entre l’émission du signal et la mise en contact avec les secours est fixé à 75 secondes maximum (mais est-ce que ce sera vraiment le cas ? Affaire à suivre). Soit un temps d’intervention des secours très optimal !

Mise en place

À l’heure actuelle ce service est géré par le Service Départemental d’Incendie et de Secours (SDIS) mais sera remplacé en Avril par les sociétés d’assistance françaises adhérentes au Syndicat National des Sociétés d’Assistance.

Selon ce syndicat, ce n’est pas moins de 30 000 appels qui seront effectués en 2018. L’année suivante , il faudra prévoir 150 000 appels pour atteindre les 400 000 en 2020.

Bref, c’est le futur de la sécurité auto. Si la promesse de la mise en relation avec les secours en 75 secondes chrono est tenue, beaucoup plus de vie seront sauvées à l’avenir. Très franchement c’est génial. L’autre notion fondamentale à prendre en compte est la géolocalisation. Le véhicule ainsi géolocalisé pourra être trouvé facilement, qu’il soit sur la route, en dehors ou perdu dans un endroit complètement isolé.

Logo eCall

À noter qu’un projet Européen nommé HeERO a eu pour objectif depuis 2011 de regrouper plusieurs pays européen pour une harmonisation collective des appels d’urgence via le 112. La France n’en fait pas partie. L’enjeu est en effet de pouvoir assurer un temps d’intervention  des secours optimal, peu importe dans quel pays on se trouve (en vacances dans un pays Européen par exemple). Un service centralisé avec plateforme multilingue permettrait de dépasser la barrière de la langue est les problématiques liées à celle-ci.

Mais cette innovation a un prix. Le véhicule est ainsi connecté et géolocalisé en permanence. Il est aussi équipé de micro. Dès lors on peut se demander si notre vie privée n’est pas mise en danger à cause de ce système…

L’équipement façon Big Brother

Un danger pour les libertés

Ce n’est pas un secret, l’intelligence artificielle prend petit à petit place dans nos domiciles et dans notre quotidien, ce qui n’est pas pour nous déplaire puisqu’elle nous facilite la vie. Nous avons tous un smartphone à moitié greffé à notre main droite qui ne nous quitte jamais. Nous sommes entourés d’objets connectés. Télévisions, enceintes, frigos, réveils et même grilles-pains ! Certains possèdent parfois des micros et peuvent avoir des capacités de transmission de données. Ainsi, qui empêcherait aujourd’hui des individus mal intentionnés de nous espionner, plutôt aisément puisqu’aux dernières nouvelles ces objets qui nous entourent ne sont pas tous munis de firewall, antivirus et autres protections.

Protection des données personnelles

L’eCall est un système obligatoire pour nous protéger qui équipera la totalité du parc auto dans les prochaines années. Mais c’est aussi un moyen pour les professionnels de l’automobile d’écouter les usagers à leur insu. Comme le dit Xavier Struder sur son blog, certains constructeurs récupèrent déjà les données de nos véhicules ultra-connectés : kilométrage, style de conduite, vitesse moyenne. Données aujourd’hui vendues à d’autres sociétés qui pourront les exploiter à loisir. Pourquoi ne feraient pas pareil avec ces nouveaux équipements ?

La réponse Européenne

Logiquement cet aspect « espionnage » commence à faire polémique. La Commission Européenne a déjà pris les devants en éditant certains textes relatifs à la protection des données personnelles en y intégrant l’initiative eCall. Officiellement, personne ne pourra suivre les déplacement d’un véhicule ni écouter les conversations dans l’habitacle si le bouton n’a pas été déclenché. Mais comment pourra t-on en être certain ? Quel organisme de contrôle pourra nous certifier que nous ne sommes pas épié lorsque l’on rentre dans sa voiture ?

La possibilité de désactiver l’eCall semble être une solution. En désactivant l’eCall, on pourrait éteindre géolocalisation et micros, qui se réactiveraient automatiquement en cas d’accident (comme vu précédemment). Mais comme toujours, on n’est jamais sûr de rien…

La meilleur façon de circuler sans être traquer reste donc le vélo. Quoique, les vélos en libre service sont maintenant aussi équipés de GPS.

Dommage.

La sécurité en voiture représente évidemment la réponse qu’apporte eCall. Le dispositif pourrait sauver jusqu’à 2500 vies dans l’Union Européenne et réduire la gravité des dizaines de milliers de blessures suite aux accidents de la route. C’est aussi une économie de 20 milliards d’euros sur les 160 milliards que coûtent ces accidents chaque années (selon le site HeERO).

Mais la muraille (la murette ?) qui protège notre vie privée est sans cesse grignotée par ces avancées technologiques. Il est clair que pour un état, pouvoir suivre chaque citoyen est le moyen idéal de réduire la criminalité, la violence, l’incivisme ou les délits. Mais l’embrigadement de la population n’a jamais été la meilleure solution pour l’épanouissement de chacun. Nous n’en sommes pas là, mais on s’y rapproche chaque jour où l’innovation technologique progresse !

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