La télémédecine : l’Esanté au service de tous

Télémédecine

La télémédecine, c’est LA solution pour lutter contre les déserts médicaux. C’est une pratique qui regroupe l’ensemble des pratiques médicales permettant aux patients une prise en charge à distance grâces aux technologies de communication (TIC). À l’ère du tout digitalisé et de l’IoT (Internet des objets), il était plutôt logique que la médecine se prête au jeu un moment ou un autre. Alors certes, pour le grand public, cette pratique peut paraître déroutante voire même effrayante et amène avec elle son lot de questions, mais dans les faits, elle va avoir un intérêt certain pour nombre de personnes.

Le cadre législatif

La révolution est en marche (parce que c’est notre projet) : la télémédecine sera implantée partout en France à partir du 15 Septembre prochain. Oui, c’est en effet assez direct comme nouvelle. Mais en soi, cette pratique existe depuis 1920 (première licence radio de service médicale à New-York) et possède un cadre juridique en France depuis 2009 inscrit dans le Code de la Santé. 5 actes y sont ainsi reconnus :

la téléconsultation ou la consultation d’un patient à distance par un praticien de santé,

la téléexpertise qui permet à un professionnel de santé de consulter des experts médicaux sur un ou plusieurs éléments du dossier d’un patient,

la télésurveillance appliquée au domaine médical permet l’interprétation de résultats à distance suite au suivi médical d’un patient,

la téléassistance permet à un professionnel de santé d’en assister un autre à distance au cours d’un acte médical,

la régulation médicale représente les réponses apportées par un télémédecin au cours de certaines urgences médicales (secours pompiers par exemple).

Attention, la télésanté ne doit pas remplacer les actes médicaux habituels. Elle n’est qu’une complémentarité à ces derniers.

La télémédecine, pour qui ?

La télémédecine va s’adresser à tout le monde. Nous avons en effet tous, un jour, renoncé à prendre rendez-vous avec un spécialiste, soit parce qu’il ne prenait pas de nouveaux patients, soit parce que le délai avant la consultation était disproportionné (pas de rendez-vous avant l’année prochaine ? Mais nous ne sommes qu’en Janvier !). Une téléconsultation nous aurait alors, peut-être, permis de braver ces impairs.

Vraiment ?

Oui, mais pas pour toutes les situations. En effet, les pratiques qui nécessite le sens du touché ne vont pas s’avérer probantes à distance. Le principe de la télémédecine reposant sur les interfaces des TIC, le contact physique est inexistant avec son télémédecin.

Mais alors, c’est inutile ! Ce contact est essentiel pour établir les diagnostiques !?

C’est en effet l’avis de nombre de réfractaires à cette pratique. Néanmoins toutes les pratiques ne requiert pas une intervention humaine. De plus, il y a toujours moyen de transposer ce contact par le biais d’un aidant.

C’est le cas dans les Ehpad par exemple. De nombreux établissements ont déployé des dispositifs de téléconsulation et téléexpertise partout en France depuis 2015. Et le résultat est plutôt bénéfique !

À la base, ce dispositif faisait face à plusieurs enjeux pour les Ehpad : améliorer l’accès aux soins des résidents, leur assurer un meilleur suivi de leurs pathologies tout en limitant leurs admissions aux urgences mais aussi téléformer les aidants (infirmières, aides-soignants).

C’est donc via cet aidant que le télémédecin va guider des gestes médicaux et réaliser certains soins.

D’une part la télémédecine a permis de « bien traiter » les patients qui se sentent de plus en plus délaissés et de reculer par extension leur perte d’autonomie, d’autre part elle a engendré la diminution de certains coûts de traitement et de transports sanitaires.

E santé

La télésurveillance cible aussi les personnes en situation de handicap, les personnes isolées ou encore les citadins « pressés » : c’est la possibilité pour eux d’avoir facilement accès à un suivi post thérapeutique, à surveiller leur état de santé en continu ou de bénéficier de renouvellement de prescriptions de médicaments sans se déplacer.

La télémédecine répond à un besoin. Un besoin vital dans un pays on l’on peine encore à considérer la superficie du territoire comme un frein, surtout perché du haut de la capitale. Bien entendu, cette nouvelle pratique s’accompagne forcément de nombreuses limites…

Limites actuelles de la télémédecine

Comme on a pu le comprendre, la télémédecine s’adresse aux déserts médicaux. Malheureusement, les déserts médicaux sont aussi souvent les endroits où les réseaux de communication sont le moins développés. Ce qui est au final paradoxal puisque la pratique nécessite un bon réseau pour avoir au minimum une visioconférence fluide et audible.

La sécurité du système peut aussi être mise en cause. S’agissant de données personnelles de santé, le traitement informatique doit être irréprochable. L’envoie des données est crypté. Le risque, qui est aussi le problème universel de l’informatique reste et restera le piratage. Ainsi, le risque de voir son Dossier Médical Personnel piraté existe bel et bien, mais pas qu’à travers la télémédecine. Parallèlement, les enjeux de la préservation de la vie privée lors de l’intervention de multiples aidants ou secours (pompiers, police, Samu) sont à prendre en considération.

Comme déjà énoncé, le manque de contact humain représente un sérieux frein à la méthode. Les manipulations sont en effet un prérequis nécessaire à énormément de pratiques médicales, kinésithérapie et ostéopathie notamment. Bien que la substitution du médecin par un aidant qualifié soit possible, la précision et le doigté du praticien restent les élément les plus aptes à soigner convenablement un patient.

Certains corps médicaux n’ont par opposition pas besoin de contact physique et se prêtent dès lors amplement à cette pratique, comme la psychologie.

Enfin, les consultations ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie. Le 25 Mai 2018, les syndicats de médecins n’ont pas signé le projet d’accord pour permettre ce remboursement. Ils estiment que le tarif de téléexpertise de 12 euros n’est pas assez élevé. Bref, la situation est embourbée et les patients n’auront qu’à se tourner vers leurs complémentaires santé ou, à défaut, vers leur portefeuilles.

Pour conclure…

Selon le site Statista.com, seulement 2% des français ont déjà expérimenté la téléconsultation en 2018. Dans un contexte où le Syntec Numérique veut faire de la France un leader du secteur de l’e-santé, nous sommes clairement en retard ! Les USA et la Chine dont le marché représente respectivement 2,9 Md et 1,4 Md d’euros sont loin devant nous quand ce marché représente 350 M d’euros dans l’hexagone.

Pour moi, la télémédecine est un consensus. Ce n’est pas la solution miracle mais c’est une solution tout de même. Comme j’ai pu le mentionner, beaucoup de personnes bénéficient déjà de cette pratique, se voulant complémentaire, s’avérant vitale. S’agit-il d’un bouleversement de la sacro-sainte visite médicale ? Les syndicats de médecins sont pour l’instant contre et bloquent le remboursement de ce type de prestation. Tous les métiers se digitaliseront un jour ou l’autre, en partie ou dans leur intégralité. Il ne s’agit plus que de trouver le juste milieu pour contenter toutes les parties prenantes. À moins que la coupe d’Hygie soit déjà pleine…

Futur de la médecine

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