Mieux vivre et bien vieillir : quand la mobilité et le numérique transcendent tous les secteurs

Évolution de l'homme

Accès aux soins, désertification médicale, vieillissement de la population : ces aspects ne sont qu’une partie de l’iceberg, pour autant, ne sont-ils pas une opportunité pour envisager les choses autrement que par l’auto-flagellation ?

Le citoyen va voir son mode de vie radicalement changer d’ici à quelques années. L’accessibilité, la mobilité, les transports sont transverses à tous les secteurs. Moteur d’activité économique, de consommation, la place du citoyen dans la ville du futur n’est plus celle des livres de science-fiction. Elle devient réalité avec la 5G, le droit à l’internet, la téléphonie « low-cost », l’économie du partage ou même la voiture volante.

Parallèlement, il nous faut maîtriser une consommation énergétique toujours plus élevée. Réduire celle d’énergies fossiles. Sans oublier les émissions de gaz à effet de serre à très court terme.

Pour réduire ces émissions et leur impact sur notre santé, les solutions ne sont pas nombreuses : Ré-inventer le véhicule individuel, développer les transports en commun, la multimodalité, imaginer et dessiner les villes autrement que par « campagnes urbanistiques » à coup de bardages en tous genres et renforts de silicone.

Au-delà de cet impact environnemental, nous évoquons la ville intelligente sans pour autant savoir où nous voulons aller. La ville intelligente n’est-elle pas celle qui interagit avec ses usagers, ses visiteurs et rend service avant toute chose ?

N’est-elle pas celle qui respecte l’environnement, possède un système de transports, adaptés, synchronisés avec les flux piétons, les véhicules, à la fois collectifs et autonomes ?

Développer les mobilités douces, des mobilités sur-mesure, des mobilités à la demande.

Le préambule de la ville du futur passe par des mobilités parfaitement intégrées, au travers d’une prise en compte du caractère unique de chacun.

Des mobilités sur mesure ?

Ne plus être des voyageurs passifs mais des utilisateurs actifs

Trop de stations
“Too many bus stop” Thomas Ricker - Flickr

Ultra-personnalisation, intelligence artificielle, big-data …

Et si la clé était là, sous nos yeux ?

Sommes-nous assez matures technologiquement ? Quels en sont les coûts ? Nos infrastructures peuvent-elles déjà nous le permettre ?

Toutes les aires urbaines de France possèdent un système d’informations géographiques dans lequel y sont concentrées énormément d’informations. Les opérateurs de transports se voient dans l’obligation d’harmoniser leurs flux de data.

Les startups s’engouffrent dans la voie du collaboratif pour chacune enrichir leur base…fermée, d’autres utilisent open street map mais ne cherchent pas à augmenter le système d’informations géographiques des institutions aujourd’hui devenu difficile à maintenir entre les acteurs terrain (constructeurs, opérateurs des réseaux — électriques, télécom, gaz & eau, gestionnaires des parcs mobiliers / immobiliers) et les collectivités territoriales.

Comment désormais faire le lien entre la ville et l’usager, de façon contextuelle ? Interagir avec le système de transports ? Avoir une signalétique universelle ?

Nous avons un citoyen équipé d’un smartphone, un moyen de transport, de la data associée au terrain, il manque alors une chose : la localisation.

Le GPS ? ± 5m. Galiléo ? Peu de terminaux compatibles, il ne fonctionnera toujours pas en intérieur et dépendra toujours des satellites, la perturbation provoquée par les immeubles et rues encastrées existera encore.

Quelles solutions ?

Dans le domaine du marketing contextuel (Le géo-fencing), les technologies sont encore chères, peu précises au regard des besoins que nécessitent la ville intelligente, interactive. Les beacons, ces petits capteurs bluetooth utilisés pour tout et n’importe quoi sont peu précis, instables, le signal se réverbérant. Sans oublier que ceux-ci sont perturbés par l’eau. (Notre corps humain étant composé de 70% d’eau, il devient difficile de localiser en « triangulant » le signal.)

C’est dans ce contexte que Géonomie, a été créée : nous travaillons aujourd’hui sur ce domaine de la micro-localisation, sans infrastructures sur place, avec une précision inédite : ± 25cm.

Redonner de l’autonomie à ma belle-mère fût mon leitmotiv lorsque j’ai convié deux amis à s’associer à mes côtés pour cette aventure entrepreneuriale.

J’aime beaucoup ma belle-mère, mais le samedi matin, je préfère dormir et profiter de ma vie de couple plutôt que d’aller faire les magasins avec elle !

Partant de cette problématique d’accessibilité, nous avons imaginé un outil qui rendrait la mobilité à tous.

Cette application tient compte d’un audit « pour une ville plus accessible », issu de travaux de recherches d’instituts Européens. Un profil est également créé pour chaque utilisateur. Après une configuration initiale, avec ou sans assistance, celui-ci est à même d’utiliser l’application, peu importe ses contraintes.

On ne catégorise pas le handicap chez Géonomie

Nous partons du principe où des contraintes, tout le monde en a, plus ou moins importantes, plus ou moins impactantes. Une personne étrangère aura peut-être une contrainte linguistique, la personne n’ayant pas le sens de l’orientation en aura une autre. 80% des situations de handicap sont couvertes par notre solution. Au-delà, demain, grâce à l’IA (Intelligence Artificielle) nous serons à même de guider chaque être en fonction de ses goûts, ses envies : « je suis d’humeur à prendre le soleil », « j’ai envie de faire du shopping vestimentaire » ou encore « il me faut une boite de petit pois, des carottes, un petit salé et une bouteille de vin ».

L’expérience d’achat aura lieu non plus dans des magasins mais plutôt des showroom, où l’IA apprendra de vos goûts, de vos humeurs, mais apprendra aussi à vous surprendre en vous proposant des choses inhabituelles.

Bref.

Chacun est unique, chacun a ses barrières. La ville intelligente n’est pas là pour augmenter les disparités. Le numérique aide et pourra encore faire bien plus demain, en apportant des solutions concrètes, adaptant la réponse à son utilisateur, en temps réel, partout, dès que nécessaire.

Nous avons pendant des décennies, construit les villes «pour une majorité ». Considéré l’accessibilité comme accessoire.

Hors d'accès
« Inaccessible » Jonathan Bush – Flickr

Nous sommes pourtant aujourd’hui face au mur. D’ici à 2060, plus d’un tiers de la population française sera considérée comme « âgée » (60 ans et +). Le nombre de places en EHPAD ne pourra pas répondre à ce vieillissement, même en augmentant considérablement le nombre d’établissements. Il nous faut donc dès aujourd’hui mettre en place les solutions pour favoriser le maintien à domicile, mais également maintenir en bonne santé. Cette santé, mentale, physique, passe encore une fois par la maximisation de l’autonomie : Sortir, garder du lien social, trouver un magasin ou retrouver son chemin, tout en étant sécurisé sur l’ensemble de son parcours. La technologie et l’application que nous développons permettra cela.

La loi sur l’accessibilité, l’éco-responsabilité, le changement des modes de consommation (e-commerce, circuits courts), l’arrivée des véhicules autonomes aussi bien que collectifs sont autant de choses qui impactent la façon dont la ville de demain se dessine et celle d’aujourd’hui se transforme.

L’idée d’un parcours entièrement sur mesure, avec des transports parfaitement synchronisés aux flux de voyageurs est probablement issue des rêves d’enfants, où la ville du futur était science-fiction, où la smart-city n’existait que dans les colloques et le jeu Sim City -Sur disquettes, avec des graphismes à couper le souffle !-.

Aujourd’hui, développer les nouvelles mobilités, c’est aussi repenser la ville. L’urbanisme ne doit plus se penser en zones d’habitation, zones commerciales ou d’activité mais en blocs, mêlés : je travaille, je vis et je consomme dans un secteur géographique proche, un secteur dans lequel je peux me déplacer facilement, avec des mobilités nouvelles, au travers de véhicules autonomes, partagés, individuels ou non.

Le concept de « superblocks » mis en place à Barcelone permet de créer des espaces sans voiture, desservis avec des transports en commun responsables, accessibles. Celui-ci ouvre la voie vers de nouvelles perspectives avec les SmartGrids, la blockchain et autres flux de data :

Un réseau principal souterrain, reliant chaque « superblock », des rues transformées en espaces verts, des véhicules autonomes et collectifs. Connectés aux citoyens via leur smartphone géo-localisé précisément, la dimension du voyageur contraint aux arrêts et horaires s’estompe. La tendance s’inverse, le véhicule adapte le parcours à ses usagers, actuels ou à venir. Le système est prédictif, intuitif, jusqu’à en devenir instinctif.

Utopiste ?

Pour l’heure, certainement. Mais les voitures volantes ne sont plus sorties des machineries de Jules Verne ou du dernier film de Luc Besson : Airbus s’est associé avec le constructeur automobile Audi et le designer Italdesign pour créer Pop.Up, le drone-navette autonome. Mix ingénieux entre la la voiture aux courbes futuristes et le drone géant, Pop.Up peut se déplacer à 100 km/h au sol et 590 km/h en vol. 100% autonome, son objectif est de décongestionner le trafic dans les grands pôles urbains. Malheureusement nous ne verrons pas de voiture-drone voler au dessus de nos têtes avant 6 ou 7 ans, le temps que le cadre législatif se définisse et que les infrastructures se bâtissent. On a néanmoins pu découvrir l’engin au Salon Viva Technology 2018 !

Pop.Up d'Aribus

L’évolution de la quantité de data générée peut pourtant nous faire penser qu’il n’est pas si utopiste que cela d’imaginer la ville de demain ainsi. Si les infrastructures adéquates se développent.

Les infrastructures adéquates ? Quelles sont-elles ?

Le déploiement des réseaux très haut débit va de soi (5G, UWB -Ultra Wide Band-, Fibre…). Il faut ajouter à cela des data-center de proximité — et probablement repenser la façon dont nous chauffons nos habitats -, afin de subvenir aux besoins de réactivité, sécurité et propriété de la donnée. Les partenariats public-privé sont à imaginer, afin de réduire l’impact pour les collectivités, mais également permettre aux entreprises d’exploiter ces infrastructures haute performance, taillées pour exploiter, développer l’intelligence artificielle.

Connecté

Un contexte législatif ?

La création de données par l’usager impacte forcément la protection de la vie privée. Les conditions générales d’utilisation des applications ne sont jamais lues, les politiques de confidentialité sont régulièrement mises en cause pour leurs côtés « borderline » vis-à-vis de la législation. De nouveaux outils restent à créer. Faut-il créer un « contrat d’éthique » entre la société exploitante et le producteur de data ? Rétribuer financièrement au pro-rata de la valeur créée ? Avoir une preuve en temps réel de l’anonymisation de ses données personnelles ?

Les startups sont aujourd’hui régulièrement le cœur de polémiques concernant leurs modèles économiques, leur utilisation des données, leur impact sur l’économie « classique » et leurs flirts avec la législation. Elles dessinent pourtant le paysage de demain par leurs innovations, tant sur les services que les technologies. Elles forcent nos systèmes d’aujourd’hui à ouvrir des questions de fond, à imaginer le renouveau du modèle économique d’un pays à l’heure où la nature même des emplois est profondément remise en cause.

Les intelligences artificielles sont amenées à progresser de façon exponentielle, les lois de la robotique sont plus que jamais d’actualité. La démarche entamée par Elon Musk en soutenant le Future of Life Institute (FLI) — un organisme américain à but non lucratif qui se focalise, peut-on lire sur son site, sur « les risques potentiels du développement d’une intelligence artificielle de niveau humain » et qui « travaille à atténuer les risques existentiels auxquels doit faire face l’humanité » — va en ce sens. Certains projets ont par exemple pour objectif de « faire en sorte que les intérêts des systèmes super-intelligents restent alignés avec les valeurs humaines ».

De l’indépendance énergétique à la mobilité en passant par nos façons de consommer, le bouleversement opéré par le numérique n’en est qu’à ses débuts, l’ère du cognitif n’en est qu’à ses balbutiements. Cette révolution laisse présager des changements des plus exaltants. Il appartient aux entreprises et pouvoirs publics de driver l’innovation, d’éduquer dès l’enfance les futurs utilisateurs à ces nouveaux enjeux. La communication sur l’utilisation des data et l’éthique doit être une priorité pour l’entreprise qui veut être pérenne.

Cette vision n’a pas vocation à deviner le futur mais à poser des hypothèses, proposer des perspectives d’évolution, à une échelle de temps plus ou moins variable. Il est cependant nécessaire de voir le numérique comme un moyen, un outil, non pas une finalité. Au même titre que l’imprimerie ou la machine à vapeur, le numérique est aujourd’hui un des grands bouleversements de notre siècle, c’est un fait. Le train, la voiture étaient considérés comme des outils dangereux, on supposait que le corps humain, exposé à une vitesse supérieure à 40 km/h, allait être soumis à des forces trop élevées au risque d’atteindre de façon irréversible les organes vitaux ! A quelle vitesse envoyons-nous des hommes dans l’espace ?

Si nous mettons en perspective les changements engendrés par ces grandes inventions et leur perception par le public avec celle du numérique aujourd’hui, il apparaît comme une évidence que son visage aura bien changé. Notre société évoluera avec comme elle a évolué dans ses moyens de transport.

Ces moyens « modernes » que sont l’imprimerie et la voiture ont permis d’éduquer, de partager, d’amoindrir les distances.

Et si, en somme, le numérique, à l’instar de ces grandes inventions était simplement un moyen de rapprocher les hommes et renforcer l’Humain ?

Ce ne sont là que mes impressions …. digitales 🙂

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