Voiture volante : réalité et enjeux de mobilité urbaine

Voiture volante

La voiture volante pourrait constituer un changement radical dans nos modes de vie et devenir le mode de transport de base dans les prochaines années. Le mot « automobile » est composé de « auto » (« lui-même » en grec) et de « mobile » (du latin movere signifiant « se mouvoir »). Grâce à son invention, l’homme peut se mouvoir à grande vitesse et sur de longues distances de façon autonome sur terre, sur l’eau et récemment dans les airs. Entre projections futuristes et réalité, quels sont les enjeux de mobilité urbaine pour la voiture de demain ?

La voiture du futur existe déjà

Kitty Hawk (Larry Page), Pop.Up (Airbus), Skydrive (Toyota), Aeromobil, etc…, nombreuses sont les entreprises qui se lancent dans la conception de voitures volantes. Si à ce jour les modèles sont encore au stade du prototype, ces engins du futur soulèvent tout de même un certain nombre d’interrogations. La question primordiale que nous devont nous poser devant de telles innovations fantasmée depuis des décennies dans l’esprit des créateurs est la suivante : à quelle nécessité les voitures volantes répondent-elles ?

Présentée en grande pompe lors du Salon de Genève de 2017 et le salon Vivatech 2018, le Pop.Up d’Airbus a été l’une des grandes stars de ces événements. Pas étonnant me direz-vous étant donné que cette incroyable voiture qui vole est à mi-chemin entre un taxi autonome, un drone et un véhicule électrique. C’est que la voiture compte bien vous envoyer au 7èmе ciel ! Plus besoin de conducteur. Grâce à une application, le passager sélectionne sa destination. L’intelligence artificielle du véhicule analyse la demande et propose plusieurs itinéraires en fonction de la circulation, de la météo ou encore du coût du transport. Il ne reste plus qu’aux personnes présentes dans la capsule à choisir leur trajet préféré. Tout le reste se fait de façon totalement autonome. Après un déplacement dans les airs, la Pop.Up se sépare de son châssis roulant. Ce dernier va alors automatiquement à la station de recharge, laissant tout de même à disposition un véhicule terrestre.

Aeromobil

Dans l’imaginaire populaire, la voiture volante prend la forme d’un mini astronef capable de décoller et d’atterrir à la verticale ou d’une auto avec la capacité de déployer ses ailes au moment de s’envoler (je parle bien entendu de la voiture de Fantomas !). C’est le cas du prototype le plus spectaculaire, mis au point par Aeromobil, une entreprise slovaque. Le design du véhicule rappelle celui d’un bolide de sport plutôt long. Il fonctionne à l’essence, circule sur la route comme une voiture normale et se gare sur des places de parking standard. En quelques secondes, on peut déployer ses ailes et faire décoller l’engin depuis un aérodrome, un champ ou une surface bitumée. Conçu pour transporter deux personnes, l’Aeromobil peut atteindre 160 km/h sur route et voler à 200 km/h sur une distance d’environ 700 kilomètres. Ses créateurs espèrent le commercialiser d’ici 2 ans.

Confortablement installé dans son cockpit, le patron de Google, Larry Page finance le Flyer de Kitty Hawk, une voiture équipée de 10 rotors électriques. Avec une autonomie de 12 à 20 minutes, l’appareil peut voler à 30 km/h au dessus du sol. À vocation récréative, l’appareil est voué à rendre le pilotage accessible au plus grand nombre. Ni le prix ni la date de commercialisation ne sont à présent connus.

Enjeux pour la mobilité urbaine

L’arrivée progressive de la voiture volante redistribue progressivement les cartes de la mobilité urbaine. On a de cesse de le dire : le trafic urbain est de plus en plus congestionné malgré de gros efforts réalisés pour limiter l’accès aux centres villes des voitures, le développement des moyens de transports alternatifs, l’émergence de nouveaux moyens de transports (bus aériens), ou la création de moult parkings privés.

Bref, toute innovation permettant de diluer cette congestion est bonne à étudier. La voiture volante s’inscrit donc dans le processus de la smart city et de la conduite raisonnée. Concrètement une voiture dans les airs se traduit par une voiture en moins sur le bitume. Moins de voiture sur le bitume, c’est moins d’embouteillage, par définition. Voici l’aspect très séduisant de l’innovation.

Seulement plusieurs problématiques émergent, et pas des moindres :

  • le coût : la première voiture volante commercialisée ne pourra trouver acquéreur qu’à partir de 299000€ (la PAL-V Liberty commercialisée par une entreprise néerlandaise),
  • le stationnement : s’agit-il d’une voiture ou d’un avion ? Faudra t-il créer des places de parking exclusif à ces engins comme pour les voitures électriques ? Pour l’instant, les voitures de ce type ne peuvent décoller et atterrir que sur des un terrain d’aviation…
  • la régulation du trafic aérien : à l’instar du trafic routier, le trafic aérien est régulé. Bien qu’il n’existe pas de limitations physiques telles que des routes bitumées, les couloirs aériens sont les « voies » empruntable. Et, propriété privée oblige, on ne peut pas circuler partout comme bon nous semble parmi les oiseaux.

Au final, la voiture de demain présente un bénéfice certain pour l’accessibilité de la ville, mais pas pour tout de suite… Devant une course engagée entre poids lourds de l’industrie de l’automobile et des startups innovantes, la bataille économique et technologique est lancée. Sa mise en circulation et sa démocratisation est néanmoins au point mort au vue des transformations logistiques et structurelles qu’elle implique. Les œuvres de sciences fiction ont donc prévu le déploiement de la voiture volante bien trop tôt. Désolé Mézière 😉

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